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	<title>Comments on: Une leçon de culture</title>
	<link>http://www.renoirboulanger.com/blog/2007/01/22/une-lecon-de-culture/</link>
	<description>Un geek social et Linuxien de nature</description>
	<pubDate>Tue, 06 Jan 2009 10:42:59 +0000</pubDate>
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		<title>By: m.</title>
		<link>http://www.renoirboulanger.com/blog/2007/01/22/une-lecon-de-culture/#comment-38</link>
		<dc:creator>m.</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2007 22:51:24 +0000</pubDate>
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		<description>&lt;p&gt;J'ai trouvé bizarre la phrase "C’est plaisant de savoir que les autres québecois d’adoption ont le même avis que nous [les pure laine]."&lt;br /&gt;
Bizarre...&lt;br /&gt;
je te laisse un truc que j'ai trouvé intéressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-------------------------------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;"Nous, québécois et québécoises..."&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal de Montréal, titrait scandaleusement la semaine dernière que " 51% des québécois sont racistes", se basant sur un sondage récent commandé à  Léger Marketing. Afin de désamorcer la bombe, plusieurs ont soulevé la question de la définition de "racisme", des méthodes du sondage, etc... Une question qui n'a pas été assez discutée, et qui pourtant jetterait un éclairage éblouissant sur les rouages du racisme, c'est celle de la définition de ce "nous", employé partout, pour désigner les québécois et québécoises. La question de l'identié sur laquelle on croit se baser, mais dont la définition n'est pas claire, qui est souvent changée selon le contexte, et qui sert alors différents intérêts économiques ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des façons dont on se sert du "nous", c'est le nous-ethnique. Le nous-ethnique utilisé par les grands médias est souvent le nous-canadien-français ("nous, québécois de souche"), le nous-catholique, le nous-blanc. C'est de lui qu'on parle quand, par exemple, on se demande ce que pensent "les québécois de souche" des immigrants et des immigrantes. Non seulement ce nous-là  est extrêmement idéologique (le groupe qui s'auto-proclame "de souche" n'habitant le territoire que depuis quelques centaines d'années, et étant en fait composé de descendants d'immigrants européens de diverses nationalités, elles-même divisées en différentes communautés...), mais souvent employé dans une connotation exclusive, raciste. Ce nous qui oublie qu'il a été imposé par les armes sur les autochtones "de souche" il n'y a pas si longtemps, qui se considère "chez lui" alors que les "autres" peuvent rentrer "chez eux". C'est un nous en guerre, qui compte bien garder pour lui la terre qu'il a volé à  d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À d'autres moments, on entend un "nous" moral. On dit alors québécois celui qui ressent un attachement émotif à  l'évocation du Québec, qui se considère québécois. C'est le nous des politiciens et des religieux qui veulent défendre "nos" valeurs. On s'étonne d'abord du flou homogène supposé à  ce Québec moral, sur lequel on débat sans cesse. Le Québec est il solidaire ou lucide, catholique ou athé, raciste ou multiethnique? On s'étonne ensuite de la prétention des personnes qui croient avoir la légitimité et le pouvoir de le décider... Le débat sur ce nous-là  est plutôt effrayant. On se demande... et si certaines communautés n'y croient pas, que ce n'est pas ce qu'elles entendent, elles, par "Québec"? Si elles ne sont pas d'accord? Si elles ne font pas partie du "nous"... Est-ce à  l'État, à  l'Église ou à  Québécor média de décider ce qu'elles doivent penser, ce que sont ses valeurs? Est-ce l'État qui produit sa population ou la population qui se donne une société selon ses aspirations? Comment ces décideurs parviendront à  imposer ces valeurs "québécoises" à  tous les québécois... tout en jurant qu'il s'agit déjà  des leurs? Le nous québécois moral est absurde, n'existe pas. Le Québec n'a pas une identié morale fixe. Nous seulement est-elle décomposée en plusieurs millions d'intelligences différentes, mais encore évolue-t-elle sans cesse. Il n'y a pas grand chose de commun entre les riches bourgeois d'Outremont et les travailleurs de l'alcan à  Chicoutimi, tout comme il n'y a pas grand chose de commun entre moi et Mario Dumont, qui se propose tout de même d'écrire un charte des "valeurs québécoises"...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisième parfois, il s'agit d'un "nous" légal, où toutes les personnes ayant leurs papiers de citoyenNEs sont admises, les "autres" devenant ceux et celles qui n'ont pas de papiers identitaires québécois. Un nous contrôlé férocement et violemment par les bureaucrates de l'immigration, créé comme une forteresse pour se défendre des Méchants - les pauvres et les arabes. C'est le nous-citoyen, le nous-classe-moyenne, le nous de la carte d'assurance maladie. Le nous qui cache les divisions entre deux communautés qui sont, elles, réellement opposées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis&lt;br /&gt;
" Les nations ne sont pas des communautés et ne l'ont jamais été. L'Histoire de n'importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d'intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves, les capitalistes et les travaileurs, les dominants et les dominés, qu'ils le soient pour des raisons de race ou de sexe. "&lt;/p&gt;
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		<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai trouvé bizarre la phrase &#8220;C’est plaisant de savoir que les autres québecois d’adoption ont le même avis que nous [les pure laine].&#8221;<br />
Bizarre&#8230;<br />
je te laisse un truc que j&#8217;ai trouvé intéressant.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p>&#8220;Nous, québécois et québécoises&#8230;&#8221;</p>
<p>Le journal de Montréal, titrait scandaleusement la semaine dernière que &#8221; 51% des québécois sont racistes&#8221;, se basant sur un sondage récent commandé à  Léger Marketing. Afin de désamorcer la bombe, plusieurs ont soulevé la question de la définition de &#8220;racisme&#8221;, des méthodes du sondage, etc&#8230; Une question qui n&#8217;a pas été assez discutée, et qui pourtant jetterait un éclairage éblouissant sur les rouages du racisme, c&#8217;est celle de la définition de ce &#8220;nous&#8221;, employé partout, pour désigner les québécois et québécoises. La question de l&#8217;identié sur laquelle on croit se baser, mais dont la définition n&#8217;est pas claire, qui est souvent changée selon le contexte, et qui sert alors différents intérêts économiques ou politiques.</p>
<p>Un des façons dont on se sert du &#8220;nous&#8221;, c&#8217;est le nous-ethnique. Le nous-ethnique utilisé par les grands médias est souvent le nous-canadien-français (&#8221;nous, québécois de souche&#8221;), le nous-catholique, le nous-blanc. C&#8217;est de lui qu&#8217;on parle quand, par exemple, on se demande ce que pensent &#8220;les québécois de souche&#8221; des immigrants et des immigrantes. Non seulement ce nous-là  est extrêmement idéologique (le groupe qui s&#8217;auto-proclame &#8220;de souche&#8221; n&#8217;habitant le territoire que depuis quelques centaines d&#8217;années, et étant en fait composé de descendants d&#8217;immigrants européens de diverses nationalités, elles-même divisées en différentes communautés&#8230;), mais souvent employé dans une connotation exclusive, raciste. Ce nous qui oublie qu&#8217;il a été imposé par les armes sur les autochtones &#8220;de souche&#8221; il n&#8217;y a pas si longtemps, qui se considère &#8220;chez lui&#8221; alors que les &#8220;autres&#8221; peuvent rentrer &#8220;chez eux&#8221;. C&#8217;est un nous en guerre, qui compte bien garder pour lui la terre qu&#8217;il a volé à  d&#8217;autres.</p>
<p>À d&#8217;autres moments, on entend un &#8220;nous&#8221; moral. On dit alors québécois celui qui ressent un attachement émotif à  l&#8217;évocation du Québec, qui se considère québécois. C&#8217;est le nous des politiciens et des religieux qui veulent défendre &#8220;nos&#8221; valeurs. On s&#8217;étonne d&#8217;abord du flou homogène supposé à  ce Québec moral, sur lequel on débat sans cesse. Le Québec est il solidaire ou lucide, catholique ou athé, raciste ou multiethnique? On s&#8217;étonne ensuite de la prétention des personnes qui croient avoir la légitimité et le pouvoir de le décider&#8230; Le débat sur ce nous-là  est plutôt effrayant. On se demande&#8230; et si certaines communautés n&#8217;y croient pas, que ce n&#8217;est pas ce qu&#8217;elles entendent, elles, par &#8220;Québec&#8221;? Si elles ne sont pas d&#8217;accord? Si elles ne font pas partie du &#8220;nous&#8221;&#8230; Est-ce à  l&#8217;État, à  l&#8217;Église ou à  Québécor média de décider ce qu&#8217;elles doivent penser, ce que sont ses valeurs? Est-ce l&#8217;État qui produit sa population ou la population qui se donne une société selon ses aspirations? Comment ces décideurs parviendront à  imposer ces valeurs &#8220;québécoises&#8221; à  tous les québécois&#8230; tout en jurant qu&#8217;il s&#8217;agit déjà  des leurs? Le nous québécois moral est absurde, n&#8217;existe pas. Le Québec n&#8217;a pas une identié morale fixe. Nous seulement est-elle décomposée en plusieurs millions d&#8217;intelligences différentes, mais encore évolue-t-elle sans cesse. Il n&#8217;y a pas grand chose de commun entre les riches bourgeois d&#8217;Outremont et les travailleurs de l&#8217;alcan à  Chicoutimi, tout comme il n&#8217;y a pas grand chose de commun entre moi et Mario Dumont, qui se propose tout de même d&#8217;écrire un charte des &#8220;valeurs québécoises&#8221;&#8230;</p>
<p>Une troisième parfois, il s&#8217;agit d&#8217;un &#8220;nous&#8221; légal, où toutes les personnes ayant leurs papiers de citoyenNEs sont admises, les &#8220;autres&#8221; devenant ceux et celles qui n&#8217;ont pas de papiers identitaires québécois. Un nous contrôlé férocement et violemment par les bureaucrates de l&#8217;immigration, créé comme une forteresse pour se défendre des Méchants - les pauvres et les arabes. C&#8217;est le nous-citoyen, le nous-classe-moyenne, le nous de la carte d&#8217;assurance maladie. Le nous qui cache les divisions entre deux communautés qui sont, elles, réellement opposées.</p>
<p>Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis<br />
&#8221; Les nations ne sont pas des communautés et ne l&#8217;ont jamais été. L&#8217;Histoire de n&#8217;importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d&#8217;intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves, les capitalistes et les travaileurs, les dominants et les dominés, qu&#8217;ils le soient pour des raisons de race ou de sexe. &#8220;</p>
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